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Tempi changes en dressage : définition et exécution

Maxime

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L’article en bref

Le tempi changes est une figure de dressage avancée où le cheval change de pied au galop en l’air, exigeant équilibre, précision et complicité cavalier-cheval.

  • Définition et histoire : Changement de pied en suspension sans interruption du rythme, présenté au cirque au XIXe siècle par François Baucher, intégré aux Jeux Olympiques en 1912
  • Prérequis essentiels : Galop rassemblé confirmé, contre-galop maîtrisé, changements simples acquis et ajustabilité suffisante de la foulée
  • Progression stricte : Débuter aux quatre temps, puis trois, deux, et enfin à chaque foulée au Grand Prix (quinze changements consécutifs)
  • Critères de jugement : Netteté, rectitude, rythme constant, légèreté et absence de tension, avec changement simultané des antérieurs et postérieurs
  • Clés de succès : Calme, rectitude et réactivité, sans anticiper ni forcer la progression, avec variété et sérénité

Longtemps réservée à la haute école, cette figure de dressage fait rêver autant qu’elle impressionne. Je me souviens encore de la première fois où j’ai vu un cheval enchaîner des changements de pied au temps sur une diagonale : j’étais soufflé. Ces foulées aériennes, ce rythme cadencé, cette complicité évidente entre le cavalier et son cheval… C’est exactement ce qui m’a poussé à approfondir le dressage dans mon centre équestre. Voici tout ce qu’il faut savoir sur ce mouvement exigeant.

Qu’est-ce que le tempi changes en dressage ?

Le tempi changes, ou changement de pied en l’air, est une figure de dressage avancée. Le cheval change de pied au galop durant la phase de suspension, sans passer par le trot ni le pas, sans briser le rythme. C’est une succession de posers latéraux séparés par un temps de suspension. On parle parfois de « quatrième allure » tellement l’exercice est singulier.

Historiquement, c’est François Baucher qui a présenté les changements de pied au temps au cirque, au XIXe siècle. Ces figures ont ensuite intégré les compétitions équestres officielles dès les VIe Jeux Olympiques de 1912 à Stockholm. Depuis, elles figurent parmi les éléments les plus scrutés par les juges dans les épreuves de haut niveau.

Dans les compétitions de l’USDF et de l’USEF, les changements de pied en l’air isolés apparaissent au troisième niveau, avec un coefficient de 2. Aux niveaux FEI, la progression est stricte : toutes les quatre foulées d’abord, puis toutes les trois, deux, et enfin à chaque foulée au Grand Prix. Ce dernier exige quinze foulées consécutives dans la série de changements au temps. C’est le sommet du mouvement.

La mécanique du changement de pied en l’air

Au galop rassemblé, la phase de suspension suit le poser de l’antérieur directeur. C’est le seul moment où le changement peut avoir lieu. Au galop à gauche, l’ordre des posers est : postérieur droit, puis la paire diagonale (postérieur gauche et antérieur droit), puis antérieur gauche. Le changement s’effectue lors de l’envol qui suit.

Un changement net signifie que les antérieurs et les postérieurs changent de pied lors du même temps de suspension. Si les antérieurs changent avant les postérieurs, on parle de changement tardif des postérieurs, la faute la plus courante et la plus pénalisée.

Les aides du cavalier

Le cavalier donne l’aide juste avant la phase de suspension, au moment où l’antérieur directeur se porte vers l’avant. Dans la foulée précédente, un demi-arrêt réorganise l’équilibre et engage les postérieurs. Ensuite, le cavalier déplace son poids vers le nouvel ischion intérieur, recule la nouvelle jambe extérieure derrière la sangle, avance légèrement l’ancienne jambe extérieure, et modifie doucement la flexion. La nouvelle rêne extérieure maintient le contact pour éviter toute perte d’équilibre latéral.

Ce que les juges recherchent

Un changement bien noté est net, droit, rythmé, expressif et obéissant. Le galop ne doit pas s’aplatir, s’accélérer ni perdre de l’énergie. Le cheval doit rester montant, sans fouaillement de queue ni tension. Alain Franqueville, juge international 4 étoiles et ancien sélectionneur de l’équipe de France de dressage, insiste sur la régularité dans les deux directions. La FEI exige un rythme, une légèreté et une rectitude constants, que les changements soient isolés ou en série.

Les prérequis avant d’apprendre les changements de pied en l’air

Ici, inutile de brûler les étapes. J’ai appris à mes dépens qu’un cheval introduit trop tôt sur cet exercice peut rapidement anticiper ou s’angoisser. Les bases doivent être solides. Vers six ans, le changement de pied en l’air devrait être acquis. Les changements au temps peuvent être abordés à partir de sept ans, selon les prérequis du cheval, pas son âge seul.

Voici les fondamentaux indispensables avant d’introduire cette figure :

  1. Un galop rassemblé à trois temps, équilibré, avec légèreté dans l’avant-main
  2. Le contre-galop confirmé, en boucles, serpentines et dans les coins
  3. Les changements de pied simples bien acquis (transition galop-pas-galop)
  4. Une ajustabilité suffisante : le cheval doit allonger et raccourcir sa foulée à la demande
  5. La perméabilité aux aides subtiles, sans résistance ni défense

Le contre-galop est l’exercice préparatoire parmi les plus le plus significatifs. Un cheval qui maintient le pied extérieur en conservant rythme et incurvation a déjà prouvé qu’il possède l’équilibre nécessaire. Choisir une selle de dressage adaptée contribue aussi à cette stabilité d’assiette, surtout pour transmettre les aides avec précision.

Progresser vers les changements de pied au temps

La progression vers les tempi changes se construit par paliers stricts. Les changements aux quatre temps doivent être parfaitement maîtrisés avant d’aborder les trois temps, puis les deux temps, et enfin les temps. Je recommande toujours de commencer sur la grande diagonale : elle offre de l’espace, une raison naturelle de changer de direction, une longue ligne pour travailler.

Niveau Fréquence des changements Organisation
Quatrième niveau USDF Toutes les 4 foulées Série courte
Niveau FEI intermédiaire Toutes les 3 puis 2 foulées Séries progressives
Grand Prix FEI À chaque foulée (15 foulées) Diagonale complète

Trois mots résument la réussite des temps : calme, rectitude et réactivité. Morgan Barbançon Mestre et Arnaud Serre, tous deux membres de l’équipe de France de dressage, incarnent cette approche rigoureuse. Le cheval doit démarrer et stopper les temps à la demande exacte du cavalier, sans anticiper ni ajouter des changements spontanément.

Si le cheval s’affole ou change sans être sollicité, stop. Il faut cesser complètement cet exercice pendant plusieurs séances et reprendre un travail de base. Ne pas blaser un cheval sur cet exercice : inutile d’y revenir quotidiennement. La progressivité, la variété et la sérénité restent les meilleurs alliés. Demander souvent, se contenter de peu, récompenser beaucoup : ce vieux principe reste d’une efficacité redoutable.

Sources : wiki centre equestre, l’équitation simplifiée

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