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Teigne du cheval : symptômes et traitement

Maxime

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L’article en bref

L’article en bref : Découvrez tout sur la teigne équine, infection fongique hautement contagieuse.

  • La teigne est une infection cutanée causée par des champignons (dermatophytes), non par un ver, qui colonisent les follicules pileux et produisent des spores résistantes.
  • Elle se transmet par contact direct ou via le matériel contaminé ; les spores survivent jusqu’à 18 mois en écurie et 2 ans en extérieur.
  • Les symptômes caractéristiques sont des plaques rondes dépilées de 2 à 6 cm ressemblant à des pièces de monnaie, sans démangeaison, souvent au niveau du harnachement.
  • Le traitement combine isolement, antifongiques locaux et désinfestation complète de l’environnement ; tous les chevaux de l’écurie doivent être traités simultanément.
  • La prévention repose sur une quarantaine stricte des nouveaux chevaux et une désinfection rigoureuse du matériel et de l’écurie pour éviter les résurgences.

J’élève des chevaux depuis plus de vingt ans, et je peux te dire que la teigne m’a donné des sueurs froides plus d’une fois. La première fois que je l’ai vue débarquer dans mon écurie, j’ai cru à des piqûres d’insectes. Deux semaines plus tard, la moitié de mon troupeau était touchée. Voilà pourquoi je veux t’expliquer clairement ce que c’est, comment la reconnaître et, surtout, comment la gérer rapidement.

Qu’est-ce que la teigne du cheval ?

La teigne du cheval est une infection cutanée causée non pas par un ver, comme son nom pourrait le laisser croire, mais par des champignons filamenteux appelés dermatophytes. Ces champignons se nourrissent de kératine, la protéine présente dans la peau, les poils et les sabots. Ils forment des filaments de 2 à 4 mm de diamètre qui colonisent les follicules pileux, puis produisent des spores de quelques micromètres, responsables de la contagion.

Les deux genres principaux en cause sont Trichophyton et Microsporum. Parmi eux, Trichophyton equinum et Microsporum gypseum sont les plus fréquents chez nos chevaux. D’autres espèces existent : Trichophyton verrucosum, Trichophyton mentagrophytes, Microsporum equinum ou encore Microsporum canis. Ces champignons prolifèrent dans les environnements chauds et humides, ce qui explique pourquoi une écurie mal ventilée constitue un terrain idéal.

Contrairement à ce qu’on pense parfois, la teigne équine n’est que rarement transmissible à l’homme, à la différence des teignes du chien ou du chat. Des précautions d’hygiène restent malgré tout indispensables pendant le traitement.

Comment se transmet la teigne ?

La contagion se fait par contact direct avec un cheval infecté, mais aussi par le matériel : brosses, licols, sangles, couvertures, abreuvoirs ou même la litière. Les spores sont redoutables parce qu’elles survivent jusqu’à 18 mois dans certaines écuries, et jusqu’à 2 ans en milieu extérieur. Un cheval peut donc se recontaminer longtemps après une première guérison.

La période d’incubation dure généralement 2 à 3 semaines, parfois jusqu’à 6 semaines. Pendant tout ce temps, le cheval infecté répand des spores sans montrer le moindre signe visible. C’est précisément ce qui rend la teigne si difficile à contenir dans un troupeau.

Quels sont les facteurs de risque ?

Les jeunes chevaux, dont le système immunitaire est encore en développement, sont les plus vulnérables. Les chevaux stressés, en surpopulation, ou souffrant de carences nutritionnelles (en zinc, cuivre, vitamine A ou vitamine E) le sont aussi. Un cheval récemment arrivé dans une écurie représente un double risque : il peut importer la teigne ou la contracter au contact d’un environnement contaminé.

Longtemps considérée comme saisonnière, la teigne touche aujourd’hui les chevaux toute l’année. De plus en plus d’animaux vivent en box à l’année, offrant aux dermatophytes des conditions constantes de chaleur et d’humidité.

Reconnaître et diagnostiquer une infection fongique équine

Les symptômes caractéristiques

Le signe qui doit alerter, ce sont des petites touffes de poils surélevées, de 2 à 6 cm de diamètre, qui évoluent rapidement en plaques rondes dépilées. Le poil casse à sa base, formant des zones qui ressemblent à des pièces de monnaie. Ces lésions apparaissent souvent là où le harnachement frotte : autour de la sangle, sur le cou, les flancs, le bas des membres.

Contrairement à beaucoup d’affections cutanées, la teigne provoque peu ou pas de démangeaisons. C’est un point significatif pour la différencier d’autres pathologies. Certains chevaux montrent un léger inconfort, se frottent contre les parois du box, mais ce n’est pas systématique. Des croûtes peuvent apparaître si une surinfection bactérienne s’installe, mais c’est rare.

Pour ne pas confondre la teigne avec d’autres problèmes, voici les affections qui produisent des symptômes proches :

  • Les poux : dépilations larges avec démangeaisons marquées
  • La dermatophilose : peau suintante avec croûtes, localisée aux bas des membres
  • La gale : prurit intense, croûtes suintantes
  • La dermite estivale : grattage violent de la crinière et de la queue
  • Les sarcoïdes : tumeurs cutanées à ne pas négliger

Comment confirmer le diagnostic ?

Le vétérinaire prélève des poils en périphérie des lésions pour les examiner au microscope. Une culture en laboratoire permet d’identifier l’espèce fongique responsable, mais elle prend environ 30 jours, ce qui est long quand la contamination s’étend. Les tests PCR, plus récents, offrent une identification rapide et précise. Dans beaucoup de cas, l’aspect clinique suffit à orienter le diagnostic.

Méthode de diagnostic Délai de résultat Fiabilité
Observation clinique Immédiat Bonne (orientation)
Examen microscopique Quelques heures Très bonne
Culture fongique ~30 jours Excellente (espèce identifiée)
Test PCR 24 à 48 heures Remarquable

Je recommande toujours d’appeler le vétérinaire dès les premiers signes. Sur mes propres chevaux, j’ai appris à ma dépens qu’attendre « pour voir » laisse le champignon contaminer tout l’effectif. Comme pour reconnaître un cheval qui boite, un oeil exercé fait gagner un temps précieux.

Traitement et prévention de la teigne équine

Les options thérapeutiques

Le traitement repose sur trois axes : isoler le cheval infecté, appliquer des antifongiques, et désinfecter l’environnement. Pour le traitement local, on utilise des shampoings ou des sprays à base de miconazole, de chlorhexidine ou d’énilconazole en friction. Le shampoing intégral, répété environ quatre fois à 3 à 4 jours d’intervalle, est plus efficace que la simple pulvérisation. Tout le corps doit être traité, pas uniquement les lésions visibles.

Dans les cas sévères, la griséofulvine par voie orale (Dermogine) est prescrite : 10 mg de principe actif par kilogramme de poids vif pendant 7 jours, ou deux prises à 35 mg avec 3 à 5 jours d’intervalle. Attention : ce médicament est réservé aux chevaux interdits à la consommation humaine, et interdit chez les juments gestantes ou les chevaux présentant des problèmes hépatiques. Tous les chevaux de l’écurie doivent être traités, même ceux sans symptômes. Sinon, ils se recontamineront immédiatement.

Après traitement, les poils repoussent complètement en 2 à 3 semaines. Des compléments riches en zinc, cuivre, vitamine A et acides gras oméga-3 soutiennent cette repousse et renforcent l’immunité. La santé globale de l’animal, notamment la qualité du cartilage et des tissus, influence aussi la résistance aux infections cutanées.

Prévenir la propagation et protéger son écurie

La prévention commence par une hygiène stricte. Tout le matériel doit être désinfecté avec des produits actifs contre les spores fongiques. Les textiles se lavent avec un produit fongicide adapté (un simple lavage en machine est insuffisant). Les brosses et le matériel non fragile supportent un bain de javel. Les poils tombés ou tondus doivent être brûlés, jamais compostés.

Tout nouveau cheval doit être mis en quarantaine pendant au moins 21 jours avant d’intégrer le groupe. Une désinfection annuelle complète de l’écurie limite les résurgences. Un cheval atteint ne doit pas participer à des compétitions tant que l’infection n’est pas totalement résolue. Les spores survivant jusqu’à 2 ans en extérieur, la rigueur dans la durée reste la seule vraie protection.


Sources : wiki centre equestre | l’équitation simplifiée

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