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Rhinopneumonie du cheval : définition et symptômes

Maxime

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L’article en bref

La rhinopneumonie équine est une maladie virale hautement contagieuse causée par deux virus herpétiques majeurs. Découvrez les points essentiels de cette pathologie :

  • Trois formes cliniques : respiratoire (fièvre, toux), abortive (chez les juments gestantes) et neurologique (paralysie, très grave)
  • Portage latent persistant : 60 à 70 % des chevaux adultes restent porteurs asymptomatiques, risquant une réactivation sous stress
  • Transmission rapide : par contact direct, voie aérienne ou matériel souillé ; incubation de 2 à 10 jours
  • Prévention efficace : quarantaine, désinfection, surveillance, et vaccination annuelle ou semestrielle réduisant drastiquement la gravité
  • Couverture assurantielle : garanties spécifiques (Zen, Carat) à partir de 8 euros/mois, avec rappels obligatoires

Chaque année, je vois passer dans mon centre équestre des cavaliers inquiets, qui ont entendu parler d’un cas de rhinopneumonie du cheval dans une écurie voisine. Et souvent, leur première question est simple : mais c’est quoi exactement, cette maladie ? Laisse-moi t’expliquer tout ce que je sais sur ce virus, après des années à élever et soigner des chevaux au quotidien.

Qu’est-ce que la rhinopneumonie équine et quel virus la provoque ?

La rhinopneumonie du cheval est une maladie virale hautement contagieuse. Elle appartient à la famille des Herpesviridae, et ce sont principalement deux virus qui en sont responsables : l’EHV-1 et l’EHV-4. L’EHV-4 provoque surtout des infections respiratoires bénignes, notamment chez les jeunes chevaux. L’EHV-1, lui, est bien plus redoutable : il peut déclencher des formes respiratoires, mais aussi des formes abortives et neurologiques graves.

Ce qui rend ce virus particulièrement traître, c’est sa capacité à entrer en phase de latence. Un cheval infecté peut rester porteur asymptomatique pendant des mois, voire des années. Et quand un stress survient, transport, surmenage, changement d’environnement, le virus peut se réactiver d’un coup. Selon les données vétérinaires disponibles, entre 60 et 70 % des chevaux adultes sont porteurs du virus sous forme latente. C’est énorme. Concrètement, ça veut dire qu’un foyer peut éclater dans une écurie sans qu’aucun cheval étranger n’ait mis les sabots dehors.

La période d’incubation dure entre 2 et 10 jours avant l’apparition des premiers symptômes. Ce délai court complique la détection rapide, surtout dans les structures avec beaucoup de rotation.

Les formes cliniques de la maladie

La forme respiratoire est la plus fréquente. Elle ressemble à une grosse grippe : fièvre pouvant grimper jusqu’à 41°C, jetage nasal, toux sèche, fatigue, perte d’appétit. La maladie dure 1 à 2 semaines en général. Mais attention : après la guérison apparente, le cheval doit rester au repos au minimum 3 semaines pour laisser l’appareil respiratoire cicatriser correctement. Je l’ai appris à mes dépens avec un de mes jeunes hongres, remis trop tôt au travail après une rhino : il a traîné une toux pendant tout l’hiver suivant.

La forme abortive touche les juments gestantes. Les avortements surviennent généralement entre le 8e et le 11e mois de gestation, parfois sans aucun signe clinique préalable chez la jument. C’est particulièrement difficile à gérer dans un élevage. Pour soigner et surveiller son cheval dans ces situations, une vigilance quotidienne est indispensable.

La forme neurologique, appelée myéloencéphalopathie herpétique équine (EHM), est heureusement rare mais gravissime. Les troubles neurologiques apparaissent environ deux semaines après l’infection : incoordination, ataxie, paralysie des membres postérieurs, incontinence. Le pronostic est sombre en cas de paralysie sévère.

Comment identifier les symptômes selon la forme

Voici un tableau comparatif des principales formes cliniques :

Forme Chevaux touchés Symptômes principaux Gravité
Respiratoire Jeunes chevaux Fièvre, jetage, toux, fatigue Modérée
Abortive Juments gestantes Avortement tardif (8-11 mois) Élevée
Neurologique (EHM) Tous âges Ataxie, paralysie, incontinence Très grave

Le portage latent : un risque permanent

65 % des chevaux sont porteurs du virus à vie après infection. Même guéri, un cheval reste une source potentielle de contamination pour ses congénères, surtout sous stress. Le risque zéro n’existe tout simplement pas.

Transmission, prévention et vaccination contre la rhinopneumonie

Le virus se transmet de trois façons principales : par contact direct entre chevaux (nez à nez, échange de sécrétions), par voie aérienne via des gouttelettes respiratoires, et par contact indirect via du matériel souillé (licols, brosses, abreuvoirs). Une caresse donnée à un cheval infecté puis à un cheval sain peut suffire à propager le virus. L’herpèsvirus survit plusieurs jours dans le milieu extérieur.

Les rassemblements équestres, compétitions, foires, stages, sont des moments à haut risque. J’insiste toujours auprès des cavaliers de mon centre là-dessus : éviter d’échanger du matériel, ne jamais laisser des chevaux d’écuries différentes se renifler par-dessus les barres.

Parmi les mesures préventives essentielles :

  • Quarantaine de tout nouveau cheval pendant au moins 21 jours avant intégration dans le groupe
  • Désinfection systématique du matériel et des espaces de vie (vide sanitaire de 2 semaines au pré)
  • Surveillance quotidienne de la température corporelle, surtout en cas de suspicion
  • Gestion du stress : éviter les changements brusques, les surcharges de travail, les regroupements fréquents

Ces précautions rejoignent d’ailleurs ce qu’on applique pour d’autres pathologies articulaires ou chroniques chez le cheval, comme l’arthrose équine, où la qualité de vie au quotidien fait toute la différence.

La vaccination, pilier de la protection collective

Il existe un vaccin contre l’EHV-1 et l’EHV-4. Il ne protège pas à 100 %, mais réduit nettement la gravité des symptômes, limite la contagiosité et protège les juments gestantes contre les avortements. La primo-vaccination consiste en deux injections espacées de 4 à 6 semaines, suivies d’un rappel à 6 mois, puis d’un rappel annuel (ou tous les 6 mois pour une protection optimale). La vaccination est possible dès l’âge de 6 mois.

Suivi épidémiologique et assurance : ce qu’il faut savoir

Le RESPE (Réseau d’Épidémio-Surveillance en Pathologie Équine) centralise les alertes déclarées par les Vétérinaires Sentinelles. C’est une ressource précieuse pour suivre la circulation du virus en France. Côté assurance, les garanties Zen et Carat couvrent la rhinopneumonie à hauteur de 70 %, tandis que les garanties de base, confort, vétéran et essentielle ne proposent aucune prise en charge. Des formules existent à partir de 8 euros par mois, et la couverture peut être remise en cause en cas de défaut de vaccination, une raison de plus pour ne pas sauter les rappels.


Sources : wiki centre equestre | l’équitation simplifiée

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