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Ferrage à cru : définition et avantages

Maxime

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L’article en bref

Le ferrage à cru, aussi appelé ferrage à froid, est une technique de pose de fers directement sur les sabots sans chauffage préalable.

  • Définition : Pose rapide des fers à température ambiante, sans modeler précisément à la forme du pied contrairement au ferrage à chaud.
  • Étapes clés : Déferrage, parage du pied, sélection du fer, brochage et rivetage avec outils de base.
  • Atouts : Exécution plus rapide, idéal pour chevaux stressés par la chaleur et la fumée, matériel simplifié.
  • Limites : Ajustements moins précis, risques de piqûre ou clous mal positionnés. Coût : 34 € HT le parage, 74 € HT les quatre pieds.
  • Alternatives : Pieds nus pour chevaux peu sollicités, bottines pour sabots sensibles, solutions orthopédiques modernes.

Le ferrage existe depuis les IVe et Ve siècles, d’après les premiers témoignages d’origine allemande. Ce n’est pourtant qu’au Xe siècle qu’il s’est vraiment imposé en Europe, pour répondre à des besoins militaires. Quand on parle de ferrage à cru dans mon centre, les cavaliers me demandent souvent ce que ça signifie exactement. Je vais t’expliquer ça clairement, depuis ma propre expérience d’éleveur et de responsable de structure équestre.

Qu’est-ce que le ferrage à cru : définition et principe

Le ferrage à froid, c’est quoi concrètement ?

Le ferrage à cru, aussi appelé ferrage à froid, consiste à poser les fers directement sur les sabots du cheval, sans les chauffer au préalable. Contrairement au ferrage à chaud, où le maréchal chauffe le fer pour le modeler précisément à la forme du pied, ici on travaille avec un fer à température ambiante. La pose est donc plus express, et elle ne nécessite aucun matériel chauffant.

Dans ma carrière, j’ai vu cette méthode utilisée sur des chevaux nerveux ou particulièrement sensibles à la chaleur et à la fumée. Pour certains tempéraments, éviter l’étape du brûlage simplifie vraiment la séance. Le revers, c’est que les ajustements sont moins précis. Le fer ne peut pas prendre exactement la forme unique du sabot, ce qui peut suffire pour des pieds réguliers, mais devient plus problématique sur des morphologies atypiques.

Pour bien comprendre pourquoi ferrer un cheval et quels en sont les bienfaits réels, il faut d’abord saisir cette distinction fondamentale entre les deux grandes techniques de pose.

Le parage, base indispensable quelle que soit la façon

Avant toute pose de fer, il y a le parage. La corne pousse d’environ 1 cm par mois, et le maréchal doit tailler et limer le sabot pour lui donner une forme optimale. Pas deux pieds identiques, même chez un même cheval. J’insiste là-dessus régulièrement avec les cavaliers qui fréquentent mon écurie : on peut poser les fers les plus confortables du monde sur un pied mal paré, ça n’ira pas.

Le parage inclut plusieurs étapes précises : raccourcir la pince, tailler la fourchette, nettoyer la sole avec un rogne-pied et une rénette, puis finir à la râpe. C’est le coeur du métier de la maréchalerie, ce savoir-faire exigeant dont la définition dépasse largement la simple pose de fers.

Les outils et étapes du ferrage à cru

Voici les étapes principales d’une séance de ferrage à froid, dans l’ordre où elles se déroulent :

  1. Déferrage avec la mailloche, le dérivoir et la tricoise à déferrer
  2. Parage du pied à la reinette, au rogne-pied et à la râpe
  3. Sélection du fer à froid dans la taille adaptée (du 6×0 pour les poneys au 8 pour les chevaux de trait)
  4. Brochage du fer avec le brochoir, en clouant dans la ligne blanche
  5. Rivetage avec les tricoises, le dégorgeoir et la mailloche

La taille du fer dépend évidemment de la morphologie du cheval. Les tailles courantes tournent autour du 0, 1 et 2. Un bon rivet doit être solide et imperceptible au toucher. C’est un détail qui trahit immédiatement la qualité du travail.

Atouts, limites et coût du ferrage à froid

Ce que le ferrage à cru apporte vraiment

La rapidité d’exécution est le premier atout. Sans forge ni chauffage, la séance est plus courte. C’est appréciable pour les chevaux stressés, et aussi pour les maréchaux qui interviennent dans des conditions difficiles, notamment en déplacement sur des concours. J’ai un vieux cheval dans mon élevage, particulièrement ombrageux dès qu’il sent la fumée : pour lui, le ferrage à froid, c’est simplement plus serein.

Le tableau ci-dessous compare les deux méthodes sur les critères principaux :

Critère Ferrage à chaud Ferrage à cru (à froid)
Précision d’ajustement Très élevée Correcte
Matériel nécessaire Forge, tenailles, outils thermiques Outils de base uniquement
Durée de la séance Plus longue Plus rapide
Stress pour le cheval Variable Réduit

Les limites à connaître avant de choisir

Un ferrage mal réalisé, quelle que soit la méthode, peut provoquer des dommages sérieux. La piqûre, c’est-à-dire le moment où un clou atteint la chair sensible, entraîne un abcès et une boiterie. Les clous trop serrés compriment le pied. Trop bas, ils risquent de s’arracher. Un défaut structurel du clou peut aussi provoquer ce qu’on appelle une retraite : le clou se fend en deux dans le pied du cheval.

Le coût d’un parage seul se situe autour de 34 euros HT, et une ferrure complète pour les quatre pieds atteint environ 74 euros HT. La région, la complexité du cas et la fréquence du ferrage recommandée par le maréchal ferrant influencent ce montant. En règle générale, on renouvelle la ferrure toutes les 6 à 8 semaines, soit 45 à 60 jours pour un cheval de selle.

Quand envisager une alternative au ferrage traditionnel

Le ferrage n’est pas une obligation. Un cheval peu sollicité, travaillant sur herbe ou sable non abrasif, peut très bien vivre pieds nus. Les poulains et les chevaux au pré fonctionnent naturellement sans fers, avec souvent une meilleure circulation sanguine dans les sabots. Si tu envisages la transition vers les pieds nus, travaille avec un maréchal ou un podologue équin spécialisé. Les bottines constituent aussi une bonne formule pour les sabots fragiles ou sensibles aux clous.

Depuis 1556, quand Cesare Fiaschi publiait le Trattato dell’imbrigliare, atteggiare, & ferrare cavalli, dédié au roi de France Henri II, la maréchalerie n’a cessé d’évoluer. Traduit en français en 1564, cet ouvrage posait déjà l’idée que la ferrure peut corriger des vices d’allure. Aujourd’hui, entre aluminium trois fois plus léger mais trois fois plus cher que l’acier, ferrures orthopédiques et alternatives numériques, le choix est vaste. Le bon sens reste le meilleur guide.

Sources : wiki centre equestre | l’équitation simplifiée

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