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Grippe équine : symptômes et prévention

Maxime

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L’article en bref

La grippe équine est une maladie virale hautement contagieuse affectant tous les équidés.

  • Transmission rapide : Le virus se propage par les sécrétions respiratoires sur jusqu’à 40 mètres, contaminant facilement une écurie entière en quelques heures.
  • Symptômes aigus : Fièvre intense (40-42°C), toux sèche puis grasse, abattement et anorexie apparaissent en 12 à 24 heures pour le sous-type H3N8.
  • Complications sérieuses : Broncho-pneumonie, sinusite et surinfections bactériques fragilisent les voies respiratoires. La récupération complète demande 3 à 6 mois.
  • Prévention efficace : La vaccination en trois injections réduit la sévérité et la diffusion. 80% de couverture vaccinale suffit à prévenir une épidémie.
  • Protocole d’urgence : Isolement strict, fermeture de l’écurie 4 semaines, désinfection complète et circuit de soins ségrégué sont essentiels.

Une épidémie de grippe équine peut terrasser une écurie entière en quelques heures. Je l’ai vécu il y a quelques années dans mon centre équestre : un matin, trois chevaux toussaient ; le soir, une dizaine étaient touchés. La grippe équine est redoutable, et la comprendre, c’est déjà se donner les moyens de la combattre.

Qu’est-ce que la grippe équine : définition et transmission du virus

La grippe équine est une maladie respiratoire virale, extrêmement contagieuse, qui touche tous les équidés : chevaux, poneys, ânes, mulets, bardots et même zèbres. Le coupable ? Un virus influenza de type A, appartenant à la famille des Orthomyxoviridés. Deux sous-types viraux circulent : le virus H7N7 (A/Equi 1) et le virus H3N8 (A/Equi 2). Le H3N8 est le plus agressif : les symptômes apparaissent en seulement 12 à 24 heures après l’infection, contre 8 jours maximum pour le H7N7.

Ce virus ne se transmet pas à l’homme dans des conditions naturelles. Certaines personnes en contact avec des chevaux infectés ont développé des anticorps, mais sans aucun signe clinique. Aucun risque zoonotique avéré donc, même si les deux virus sont proches biologiquement.

La maladie circule dans presque tout le monde. L’Australie, la Nouvelle-Zélande et l’Islande font figure d’exception, bien que l’Australie ait connu un foyer important en 2007. Le virus H3N8 a été importé des États-Unis vers l’Europe via le sport équestre international. Un cheval rapatrié d’une compétition peut suffire à déclencher une épidémie locale.

Comment le virus se propage-t-il d’un cheval à l’autre ?

La transmission passe principalement par les sécrétions respiratoires. Un cheval infecté qui tousse projette des particules virales sur jusqu’à 40 mètres. C’est énorme. Dans une écurie classique, la distance entre les boxes suffit rarement à protéger les voisins. Le virus survit quelques jours sur les surfaces inertes, brosses, licols, mangeoires… tout le matériel partagé devient un vecteur potentiel.

La transmission peut être directe entre équidés, ou indirecte via les vêtements, les mains du soigneur ou les outils du quotidien. Les porteurs sains, des chevaux infectés sans signe clinique apparent, représentent un danger particulier lors des compétitions ou des courses hippiques : ils excrètent le virus silencieusement.

Quelle est la période d’incubation de l’influenza équine ?

La période d’incubation dure entre 2 et 5 jours. C’est court. Un cheval peut sembler en parfaite santé à l’arrivée d’un concours et déclencher les premiers signes deux jours plus tard, une fois rentré dans son box habituel. J’ai vu cette situation se répéter plusieurs fois avec mes propres chevaux de compétition.

Les symptômes de la grippe équine et ses complications possibles

Les signes cliniques sont fréquemment spectaculaires. La fièvre monte rapidement, avec une température rectale qui dépasse couramment 40°C et peut atteindre 42°C dans les cas graves. L’abattement et l’anorexie s’installent rapidement. Le cheval refuse de manger, reste prostré dans son box.

La toux est le symptôme le plus caractéristique. Sèche, forte, douloureuse au début, elle peut atteindre dix quintes par heure dans les premiers jours. Quelques jours plus tard, elle devient grasse avec expectoration. Un écoulement nasal séreux apparaît d’abord, puis peut évoluer vers un jetage épais et muco-purulent, signe d’une surinfection bactérienne secondaire.

Quelles complications peut entraîner l’influenza équin ?

Sans repos suffisant, les voies respiratoires fragilisées s’ouvrent à toutes les bactéries opportunistes. Bronchite, sinusite, broncho-pneumonie : les complications s’enchaînent vite. Chez les jeunes poulains, des cas de myocardite ou de pleurite peuvent être fatals. Les juments gestantes infectées risquent des fausses couches. Chez l’adulte, la mortalité reste quasi nulle si le cheval est bien pris en charge.

Quelques raideurs musculaires, un gonflement des membres et des écoulements oculaires complètent parfois le tableau clinique. La guérison survient généralement en 1 à 2 semaines, mais la régénération complète des voies respiratoires demande au minimum 3 semaines. Certains chevaux mettent jusqu’à 6 mois pour récupérer totalement. Si le retour au travail est précipité, des séquelles comme l’emphysème ou même la fourbure peuvent apparaître.

Ci-dessous un récapitulatif des signes cliniques selon leur chronologie d’apparition :

Phase Symptômes principaux
Jours 1-2 Forte fièvre (40-42°C), abattement, anorexie, toux sèche
Jours 3-5 Toux grasse, écoulement nasal séreux, raideurs musculaires
Au-delà de J5 Jetage épais si surinfection, difficultés respiratoires possibles

Attention aussi à d’autres problèmes locomoteurs qui peuvent survenir lors d’une convalescence mal gérée. Si tu observes chez ton cheval une démarche anormale, je te conseille de consulter notre article sur les signes permettant de reconnaître un cheval qui boite.

Prévenir la grippe équine : vaccination et mesures de biosécurité

La prévention reste la meilleure arme. La vaccination est fortement recommandée pour tous les équidés, et son efficacité est démontrée. Elle ne garantit pas une protection absolue contre l’infection, mais réduit significativement la sévérité des symptômes et la diffusion du virus. Selon le RESPE (Réseau d’Épidémio-Surveillance en Pathologie Équine), vacciner 80% des équidés d’un effectif suffit à prévenir une épidémie.

La primovaccination comporte 3 injections : deux à un mois d’intervalle, puis une troisième 6 mois après la seconde. L’immunité s’installe environ 15 jours après la seconde injection et dure entre 6 et 12 mois. Des rappels annuels sont recommandés avant le 365ème jour. Pour les chevaux participant fréquemment à des concours ou âgés de plus de 20 ans, des rappels tous les 6 mois sont conseillés.

Quel protocole vaccinal pour les poulains ?

Les poulains issus d’une mère vaccinée démarrent leur primovaccination à partir de 5-6 mois. Ceux nés d’une mère non vaccinée peuvent commencer dès 2 mois. Avant cet âge, le système immunitaire du poulain n’est pas encore mature. Un rappel sur les poulinières dans les 4 à 6 semaines précédant le poulinage améliore le transfert d’anticorps via le colostrum, protégeant ainsi le nouveau-né.

Que faire en cas de foyer dans une écurie ?

Quand l’influenza frappe, la réaction doit être immédiate. Les chevaux malades doivent être isolés dans leurs boxes. L’écurie doit fermer au minimum 4 semaines, puis 2 semaines supplémentaires par précaution. Tous les contacts entre équidés sont interdits.

Voici les actions prioritaires à enchaîner lors d’un foyer confirmé :

  1. Isoler immédiatement les chevaux présentant des signes cliniques
  2. Contacter son vétérinaire pour un écouvillonnage nasopharyngé et un diagnostic PCR
  3. Désinfecter l’ensemble du matériel, des boxes et des véhicules de transport
  4. Mettre en place un circuit de soins (animaux sains d’abord, malades en dernier)
  5. Poursuivre les mesures de prévention 21 jours après le dernier cas hyperthermique

Le RESPE compte 1000 vétérinaires sentinelles en France. En 2019, plus de 104 foyers ont été déclarés, après une longue période de faible circulation virale entre 2015 et mi-2018. La couverture vaccinale française reste globalement bonne, ce qui explique que notre pays ait moins souffert que ses voisins européens ces dernières années.

Note qu’un cheval affaibli par une infection virale peut aussi développer d’autres pathologies articulaires. Pour mieux comprendre ces risques, tu peux aussi consulter notre article sur l’arthrose chez le cheval, sa définition et ses symptômes.

Sources : wiki centre equestre | l’équitation simplifiée

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