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Syndrome de Cushing du cheval : définition et symptômes

Maxime

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L’article en bref

Le syndrome de Cushing du cheval est une maladie endocrinienne progressive touchant principalement les seniors équins, caractérisée par une dérégulation hormonale profonde affectant l’organisme entier.

  • Une pathologie liée au vieillissement : elle touche environ 21 % des chevaux de plus de 15 ans, jusqu’à 40 % après 30 ans.
  • Origine neurologique : la dégradation des neurones de l’hypothalamus provoque un emballement de l’hypophyse et une surproduction d’ACTH.
  • Symptômes variés : hirsutisme, fonte musculaire, fourbure, polyurie-polydipsie et infections récurrentes.
  • Diagnostic confirmé par analyse : dosage de l’ACTH sanguin, avec tests complémentaires si résultats intermédiaires.
  • Gestion globale : alimentation pauvre en sucres, compléments nutritionnels et suivi vétérinaire régulier.

J’ai croisé des dizaines de vieux chevaux dans ma carrière, et je peux te dire qu’un cheval qui perd ses muscles, qui boit sans arrêt et dont le poil ne mue plus, ça interpelle immédiatement. Souvent, derrière ces signaux, se cache le syndrome de Cushing du cheval, une maladie endocrinienne bien plus répandue qu’on ne le pense chez nos seniors équins. Depuis que je gère mon centre équestre, j’ai vu cette pathologie évoluer sur plusieurs de mes propres chevaux, et comprendre ce qu’elle est vraiment, c’est la première étape pour mieux aider l’animal.

Qu’est-ce que le syndrome de Cushing chez le cheval ?

Une maladie hormonale liée au vieillissement

Le syndrome de Cushing du cheval, aussi appelé PPID (Pituitary Pars Intermedia Dysfunction) ou DPIH (dysfonctionnement de la pars intermedia de l’hypophyse), touche principalement les chevaux de plus de 15 ans. C’est un trouble endocrinien, donc une dérégulation hormonale profonde. Entre 2010 et 2020, le nombre de chevaux de plus de 15 ans a augmenté de près de 40 %, ce qui explique pourquoi on en parle de plus en plus.

La prévalence est frappante : environ 21 % des chevaux de plus de 15 ans seraient atteints. Ce chiffre monte à près de 40 % chez les chevaux de plus de 30 ans. Ni le sexe ni la race ne constituent des facteurs de risque particuliers. Juments, hongres et étalons sont touchés dans les mêmes proportions.

Ce qui se passe dans le cerveau du cheval

Avec l’âge, certains neurones de l’hypothalamus (la base du cerveau) se dégradent, probablement à cause de phénomènes oxydatifs. Ces neurones produisent normalement de la dopamine, qui régule l’activité de l’hypophyse. Quand cette production chute, l’hypophyse s’emballe, grossit, et la pars intermedia sécrète trop d’ACTH (hormone adrénocorticotrope).

Cet excès d’ACTH plonge l’organisme du cheval dans un état de stress chronique. Résultat : baisse de l’immunité, dérèglement du métabolisme des sucres et des lipides, destruction accélérée de certaines protéines. Il faut noter que le cortisol sanguin n’est pas toujours très élevé à un instant donné, mais son rythme de sécrétion journalier est perturbé, ce qui rend le diagnostic plus délicat.

Une maladie qui s’installe discrètement

Le syndrome de Cushing se développe de façon progressive. Il peut se passer plusieurs mois, voire des années, avant que les signes cliniques deviennent visibles. C’est précisément ce qui le rend piégeux. J’ai eu une jument dont j’observais un léger ramollissement des muscles depuis un bon moment, sans y prêter suffisamment attention, jusqu’au jour où elle a fait une crise de fourbure. Avec le recul, les premiers signaux étaient là bien avant.

Certains symptômes initiaux ressemblent à un simple vieillissement normal : baisse de forme, amaigrissement léger. C’est pourquoi il est essentiel de rester vigilant et de ne pas banaliser ces changements chez un vieux cheval.

Les symptômes et le diagnostic du syndrome de Cushing

Les signes cliniques les plus fréquents

Les manifestations de cette maladie sont variées et parfois déroutantes. Voici les principales, avec leur fréquence d’apparition :

Symptôme Fréquence observée
Hirsutisme (poil long, rêche, résistant à la mue) 70 % des cas
Amyotrophie et fonte musculaire 49 % des cas
Fourbure aiguë ou chronique 49 % des cas
Léthargie ou dépression 41 % des cas
Polyurie polydipsie (PUPD) 32 % des cas
Signes neurologiques (ataxie, narcolepsie) 21 % des cas

L’hirsutisme est souvent le signe le plus visible, mais tous les chevaux atteints ne le présentent pas. Le cheval peut aussi souffrir de dépôts graisseux inhabituels, d’un ventre penduleux, de salières gonflées et d’une sensibilité accrue aux infections dentaires, sinusales ou cutanées. Pour tout ce qui touche à la santé locomotrice associée, je te recommande de lire aussi cet article sur l’arthrose chez le cheval : définition et symptômes, car les deux pathologies peuvent coexister chez un senior.

La fertilité peut aussi être affectée chez les chevaux d’élevage. La régulation de la température corporelle devient difficile, la pousse des dents et des sabots s’accélère. Bref, le tableau clinique est large et touche l’organisme entier.

Comment confirmer le diagnostic

On peut suspecter la maladie sur la base des symptômes, mais le diagnostic de certitude exige une analyse sanguine. Le test le plus fiable reste le dosage de l’ACTH sanguine. Attention : les valeurs normales sont naturellement plus élevées entre août et octobre. Le conditionnement et les délais d’envoi des prélèvements sont très stricts.

En cas de résultats intermédiaires, le vétérinaire peut recourir à des tests complémentaires : le test de suppression à la dexaméthasone ou le test de stimulation à la TRH (thyrotropin-releasing hormone). Ces deux examens permettent de comparer les taux d’ACTH avant et après injection. C’est l’ensemble des données, symptômes et résultats biologiques, qui guide le diagnostic final.

Prendre soin de son cheval au quotidien après le diagnostic

Une fois le diagnostic posé, la prise en charge devient globale. Pour soigner son cheval de façon adaptée, il faut mêler suivi vétérinaire, ajustements alimentaires et gestes d’entretien réguliers. L’alimentation doit être riche en fibres et pauvre en glucides non structuraux : foin trempé pour réduire le taux de sucre, éviter les céréales riches en amidon, apporter au minimum 1,5 % du poids corporel en fourrage chaque jour. L’accès à la pâture doit être restreint au printemps et en automne.

Des compléments comme la vitamine E, le sélénium ou les oméga-3 peuvent soutenir l’immunité et réduire l’inflammation. Pour les chevaux raides ou souffrant des pieds, l’harpagophytum peut apporter un soulagement. Ces apports ne remplacent pas le traitement médical, mais ils participent au maintien de la qualité de vie du cheval sur le long terme. Des contrôles sanguins tous les 3 à 6 mois permettent d’affiner la prise en charge.

Sources : wiki centre equestre | l’équitation simplifiée

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