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Comment alimenter un cheval : guide et conseils

Maxime

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L’article en bref

L’alimentation équine repose sur le fractionnement des repas et le respect de la biologie digestive du cheval. Voici les principes essentiels à retenir :

  • Fractionner les repas : distribuer le foin en minimum 3 portions, idéalement 5, jamais plus de 6 heures à jeun pour respecter le rythme naturel du cheval
  • Privilégier le fourrage : 60 à 100 % de la ration selon l’activité, toujours avant le concentré pour stimuler la salivation
  • Doser les concentrés : maximum 2 g d’amidon par kg de poids corporel par repas, préférer les lipides qui fournissent 2,25 fois plus de calories
  • Assurer hydratation et électrolytes : eau permanente, 26 à 41 g de sodium quotidien selon le travail, pierre à sel toujours disponible
  • Changer progressivement : toute transition alimentaire demande 7 à 10 jours minimum pour éviter coliques et troubles digestifs

Un cheval de 500 kg est composé de 350 litres d’eau et possède un estomac d’une capacité de seulement 12 à 15 litres. Autant dire que la nature ne l’a pas conçu pour avaler de grandes rations d’un coup. Je gère un centre équestre depuis des années, et je vois encore trop souvent des propriétaires donner deux gros repas par jour en pensant bien faire. Résultat : coliques, ulcères, chevaux nerveux. Alimenter correctement un cheval demande de comprendre sa biologie avant tout.

Le système digestif du cheval dicte toute la logique d’alimentation

L’intestin grêle du cheval mesure entre 15 et 30 mètres. L’estomac, lui, est minuscule : il représente à peine 7 à 8 % du volume total du tube digestif. Et contrairement à nous, le cheval ne peut pas vomir. Ces trois réalités anatomiques expliquent tout ce qui suit.

Fractionner les repas : pas une option, une nécessité

Dans la nature, un cheval passe 60 % de son temps à brouter, soit entre 12 et 16 heures par jour. Il ingère entre 11 et 14 kg de nourriture sèche quotidiennement, en continu ou presque. Recréer ce rythme en box, c’est le défi de tout propriétaire sérieux.

Un cheval de 450 kg doit recevoir environ 7 à 8 kg de foin par jour, répartis en minimum 3 portions, idéalement 5 portions. Jamais plus de 6 heures à jeun — et pour un cheval souffrant d’ulcères gastriques, ce délai tombe à 1 heure maximum. J’ai un vieux Selle Français au centre qui faisait des coliques à répétition. Depuis qu’on lui distribue du foin cinq fois par jour, plus rien. Simple, mais radical.

Le fourrage d’abord, toujours

Le fourrage grossier doit représenter entre 60 et 100 % de la ration selon le niveau d’activité. Pour un cheval de 600 kg, cela signifie environ 9 kg de fourrage grossier par jour, soit 1,5 kg par 100 kg de poids vif. Le matin, commence toujours par le foin avant de donner le concentré. Le fourrage stimule la salivation et prépare la digestion.

La qualité compte autant que la quantité. Un foin récolté tôt est plus tendre, plus feuillu, plus riche en nutriments. Un foin de plus d’un an perd de sa valeur nutritive et devient moins appétissant. Sur un hectare de prairie, on produit 8 tonnes de matières sèches — mais avec 30 % de refus, il n’en reste que 5,6 tonnes réellement utilisables.

Les concentrés : utiles, mais à doser avec précision

Orge, avoine, maïs, lin : ces aliments augmentent la densité énergétique de la ration. Indispensables pour un cheval de sport ou en croissance, ils deviennent dangereux dès qu’on dépasse les doses. La règle d’or : pas plus de 2 grammes d’amidon par kilogramme de poids corporel par repas. Pour un cheval de 500 kg nourri à l’avoine (qui contient 40 à 50 % d’amidon), cela plafonne à environ 2 kg par repas.

Pour un cheval au travail intense, les besoins énergétiques atteignent 26,6 Mcal/jour d’énergie digestible, contre 34,5 Mcal/jour en travail très intense. Les chevaux de haute performance ont besoin de 60 à 90 % d’énergie en plus qu’un cheval au repos. Les lipides sont ici précieux : ils fournissent 2,25 fois plus de calories par gramme que les glucides ou les protéines, avec moins de chaleur corporelle produite. L’huile de canola ou les graines de lin sont de bons choix pratiques.

Niveau d’activité Énergie (Mcal/j) Protéines (g/j) Sodium (g/j)
Travail intense 26,6 862 26
Travail très intense 34,5 1 004 41

Minéraux, vitamines et hydratation : les piliers invisibles de la santé équine

L’analyse de plus de 6 500 régimes alimentaires équins a révélé des carences fréquentes en zinc, cuivre, sélénium et vitamine E. Ces micronutriments ne se voient pas dans l’auge, mais leur absence se lit sur le pelage terne, les sabots fragiles et les performances en berne.

Le sel et les électrolytes, non négociables

Le sel ne se stocke pas dans l’organisme. Un cheval qui transpire perd du sodium, du potassium, du magnésium, du chlorure et du calcium — et il faut tout remplacer. Les besoins en sodium atteignent 26 g/jour en travail intense, 41 g/jour en travail très intense. Une pierre à sel doit toujours être à disposition. En plus de ça, distribue au minimum 2 onces (4 cuillères à soupe) de sel par jour dans la ration.

Lors d’un exercice prolongé, un cheval peut perdre environ 20 litres d’eau par transpiration. La déshydratation survient dès 5 % de perte de l’eau corporelle totale, soit environ 15 litres pour un cheval moyen. Elle altère les performances, la cognition, et peut évoluer vers un coup de chaleur. L’accès permanent à une eau fraîche et propre n’est pas un luxe — c’est la base. Un cheval boit entre 15 et 30 litres par jour, davantage en été ou après l’effort.

Adapter la ration à l’âge et à la santé dentaire

Après 25 ans, le microbiote digestif du cheval âgé évolue : perte de diversité bactérienne, assimilation réduite des fibres, des protéines et des vitamines. Le cheval senior a besoin d’une alimentation facilement digestible et riche en protéines de qualité pour maintenir sa masse musculaire. Un contrôle dentaire annuel chez le vétérinaire est indispensable — des dents flottantes ou des ulcérations buccales compromettent la mastication et donc toute la digestion.

Ces dépenses liées à la santé et à l’alimentation du cheval par an méritent d’être anticipées dès l’acquisition d’un équidé.

Changer la ration : toujours progressivement

Tout changement alimentaire doit s’étaler sur 7 à 10 jours minimum. Voici comment procéder :

  1. Diminue progressivement l’ancien concentré sur une semaine.
  2. Introduis le nouveau concentré en quantité croissante sur la même période.
  3. Surveille les selles, l’appétit et le comportement à chaque étape.

Le passage pré-box ou box-pré suit la même logique. L’appareil digestif ne s’adapte pas du jour au lendemain. J’ai vu des chevaux faire des coliques sévères simplement parce que leur propriétaire avait changé de marque de foin d’un coup, sans transition. Ne répète pas cette erreur.

Ce que l’alimentation révèle sur la santé globale de ton cheval

Alimenter correctement un cheval, c’est aussi apprendre à lire les signaux que l’animal envoie. Un pelage brillant, un poids stable, des sabots solides et un comportement calme à l’auge : voilà les vrais indicateurs d’une ration équilibrée. À l’inverse, un cheval qui perd du muscle malgré une ration abondante mérite une attention immédiate — vermifugation, bilan dentaire, analyse de fourrage.

Pour les chevaux de performance, pense à donner un repas de céréales au moins 4 heures avant l’exercice. Un petit apport de foin ou de pulpe de betterave (trempée avec 5 volumes d’eau pour 1 volume de pulpe) peut être distribué 1 à 1,5 heure avant la séance pour éviter le travail à jeun. Après l’effort, eau et électrolytes en premier — avant tout aliment sec.

La ration idéale n’existe pas de façon universelle. Elle dépend du poids, de l’âge, de la discipline, de la saison. En hiver entre 0 et -10°C, les besoins énergétiques augmentent de 10 %. Un cheval au pré toute l’année n’a pas les mêmes besoins qu’un cheval de concours. Observer, peser, ajuster : c’est le quotidien de tout bon cavalier ou éleveur.

Sources : wiki centre equestrel’équitation simplifiée

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