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Maladie de Cushing équine : définition et symptômes

Maxime

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L’article en bref

L’article en bref : La maladie de Cushing équine est une pathologie hormonale chronique touchant les chevaux âgés.

  • Définition : Dysfonctionnement de l’hypophyse causant une surproduction d’ACTH et de cortisol, affectant 21 % des chevaux de plus de 15 ans
  • Symptômes discrets : Amaigrissement, mue retardée, hirsutisme, fourbure à répétition et fonte musculaire progressive
  • Diagnostic : Dosage de l’ACTH plasmatique en laboratoire (valeur confirmée au-delà de 100 pg/ml)
  • Traitement : Pergolide quotidien à vie, dopaminergique agoniste freinant la production d’ACTH
  • Prise en charge : Alimentation adaptée, tonte régulière, exercice modéré et suivi médical tous les 3 à 6 mois

Un cheval de 18 ans, chez moi au centre, a commencé à faire de la fourbure à répétition sans raison évidente. Son poil avait changé de texture, ses muscles fondaient. Après bilan sanguin, le verdict est tombé : syndrome de Cushing. Ce jour-là, j’ai réalisé que cette maladie était bien plus fréquente qu’on ne le croit, et surtout qu’elle se dissimule longtemps derrière des signes discrets.

Qu’est-ce que la maladie de Cushing équine ?

La maladie de Cushing équine, aussi appelée dysfonctionnement de la pars intermedia de l’hypophyse (DPIH ou PPID), est une pathologie hormonale chronique. Elle touche principalement les chevaux âgés de plus de 15 ans. Sa prévalence atteint 21 % chez ces chevaux, et grimpe à près de 40 % passé les 30 ans. Entre 2010 et 2020, le nombre de chevaux de plus de 15 ans a lui-même augmenté de 40 %. Ce sont des chiffres qui font réfléchir.

Toutes les races sont concernées. Les chevaux de race Morgan et les poneys présentent un risque légèrement plus élevé. Les Mérens, que j’ai vu souvent dans les élevages de montagne, peuvent aussi être touchés, sans distinction de sexe.

Les causes profondes de cette pathologie

Tout part de l’hypothalamus, une zone du cerveau qui produit de la dopamine. Avec le vieillissement, un phénomène de stress oxydatif détruit progressivement les neurones dopaminergiques. Résultat : la dopamine diminue, et l’hypophyse n’est plus correctement régulée. Sa région intermédiaire, la pars intermedia, grossit et se met à produire des quantités excessives d’ACTH, l’hormone adrénocorticotrope.

Cette surproduction d’ACTH stimule les glandes surrénales, qui sécrètent alors trop de cortisol. Le cortisol, c’est l’hormone du stress. Il mobilise les réserves de l’organisme, dégrade les protéines, perturbe tout l’équilibre métabolique. On ne peut pas l’arrêter à la source car il s’agit d’une dégénérescence neuronale irréversible.

Les symptômes à surveiller absolument

Les premiers signes sont souvent banaux : baisse de forme, amaigrissement progressif, mue retardée. C’est exactement ce que j’ai observé chez mon cheval de 18 ans avant le diagnostic. Ces signaux discrets se confondent facilement avec le vieillissement normal, ce qui retarde trop régulièrement la prise en charge.

Dans les cas avancés, l’hirsutisme apparaît dans 70 % des cas : un pelage épais, long, quelquefois bouclé, qui ne mue pas correctement. La fourbure survient dans 49 % des cas, souvent lors des pics hormonaux saisonniers. C’est une inflammation très douloureuse du pied qui peut aller jusqu’à la rotation de la troisième phalange. La fonte musculaire touche elle aussi 49 % des chevaux. La léthargie concerne 41 % des cas, la polyurie-polydipsie (le cheval boit et urine excessivement) 32 %. Des troubles neurologiques comme l’ataxie ou une cécité partielle apparaissent dans 21 % des cas.

Pour les chevaux en élevage, les troubles de la reproduction peuvent aussi s’installer. J’ai personnellement constaté une baisse de fertilité chez une jument Mérens suivie ici au centre.

Diagnostic et traitements de la maladie de Cushing chez le cheval

Confirmer le diagnostic demande des analyses sanguines précises. Le test de référence, c’est le dosage de l’ACTH plasmatique. Un taux inférieur à 35 pg/ml est normal. Entre 35 et 50 pg/ml, le résultat est douteux. Au-dessus de 50 pg/ml, la valeur est augmentée. Au-dessus de 100 pg/ml, la PPID est confirmée.

Taux d’ACTH (pg/ml) Interprétation
Inférieur à 35 Normal
Entre 35 et 50 Douteux
Supérieur à 50 Valeur augmentée
Supérieur à 100 PPID confirmée

Attention : les valeurs normales sont naturellement plus élevées d’août à octobre. Le vétérinaire peut aussi compléter par un test de suppression à la dexaméthasone ou un test de stimulation à la TRH. Le diagnostic repose toujours sur l’ensemble des résultats, des symptômes et de l’âge.

Le traitement médicamenteux de référence

Un seul traitement cible immédiatement la cause : le pergolide. Ce dopaminergique agoniste freine la production d’ACTH en remplaçant la dopamine déficiente. La dose habituelle est d’environ 1 mg pour 500 kg de poids vif, ajustée selon l’état du cheval. Les contrôles sanguins sont recommandés tous les 3 à 6 mois.

Le pergolide est disponible notamment sous forme de comprimés sécables. Commercialisé depuis 2012, il a montré une diminution de l’ACTH chez 100 % des chevaux traités. Ce traitement s’administre chaque jour, à vie. Il agit bien sur la léthargie, la polyurie-polydipsie et l’hirsutisme. Les effets sur la fourbure et l’immunité arrivent plus lentement.

Depuis 2021, des génériques sont disponibles. L’Agence nationale du médicament vétérinaire (ANMV) a enregistré 62 cas d’ingestion accidentelle par des humains, causant des troubles digestifs et neurologiques. Range toujours ce médicament hors de portée.

Soins au quotidien et adaptation de l’alimentation

Le traitement médicamenteux ne suffit pas seul. Voici les mesures indispensables à mettre en place :

  1. Tondre le cheval en été pour éviter les infections cutanées liées à l’hirsutisme
  2. Adapter l’alimentation : foin pauvre, sans concentrés riches en amidon, accès restreint au pâturage au printemps et en automne
  3. Entretenir régulièrement les dents et les sabots pour limiter infections et abcès

Les vitamines E et C, les oméga-3 et les antioxydants soutiennent le système immunitaire fragilisé. Un exercice régulier, adapté au confort du cheval, aide à maintenir la masse musculaire et la sensibilité à l’insuline. Pense aussi à mettre les vaccinations et les vermifuges à jour systématiquement.

Cette pathologie va souvent de pair avec d’autres fragilités articulaires chez les chevaux âgés. Si ton cheval présente des raideurs ou des boiteries, renseigne-toi aussi sur l’arthrose chez le cheval, sa définition et ses symptômes, qui peut accompagner le tableau clinique.

Avec une prise en charge sérieuse, le cheval peut retrouver un état corporel satisfaisant et reprendre une activité modérée. On ne guérit pas la maladie, mais on peut vraiment améliorer la qualité de vie. Je l’ai vu chez plusieurs chevaux du centre.

Sources : wiki centre equestre, l’équitation simplifiée

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