L’article en bref
L’anglo-arabe, fruit du croisement entre le Pur-sang Anglais et l’Arabe, est une race équine polyvalente et performante.
- Origines prestigieuses : Créée en France au XIXe siècle par Raoul de Bonneval, cette race est officialisée avec un minimum de 25 % de sang arabe
- Morphologie élégante : Hauteur de 1,58 à 1,65 m, membres longs et secs, galop distingué et athlétique
- Tempérament nerveux : Intelligent et volontaire, mais nécessite un cavalier expérimenté pour valoriser son potentiel
- Champion du sport : Excellent en CSO, dressage et concours complet avec des palmarès olympiques remarquables
- Santé robuste : Bonne constitution générale, nécessite un entretien régulier et une alimentation adaptée
Croiser un Pur-sang Anglais avec un Arabe, c’est l’idée qui a donné naissance à l’une des races équines les plus polyvalentes du monde. Ce mariage de sang, initié au XIXe siècle, produit un cheval d’une élégance rare, capable de briller aussi bien en compétition que sur les chemins de randonnée. J’ai eu la chance d’en monter plusieurs dans mon centre équestre, et je peux te dire que ce cheval ne laisse personne indifférent. Voyons ensemble ce qui fait la singularité de ce cheval anglo-arabe.
Définition et origines du cheval anglo-arabe
Le terme « anglo-arabe » désigne un cheval issu du croisement entre le Pur-sang Anglais et l’Arabe. Pour être officiellement reconnu comme tel, un cheval doit posséder entre 25 % et 75 % de sang arabe. En dessous de ce seuil, il est enregistré comme demi-sang arabe, ou « Half-Arabian ». C’est une nuance technique mais essentielle pour l’éleveur que je suis.
La race trouve ses racines en France, dans le Sud-Ouest, grâce à l’initiative de Raoul de Bonneval. Le premier groupe de juments anglo-arabes naît au Haras National du Pin, et c’est Eugène Gayot qui officialise l’appellation « Anglo-Arabe ». En 1880, la règle des 25 % de sang arabe minimum est fixée. Le stud-book français, créé en 1833, est l’un des plus anciens registres équestres au monde.
L’étalon fondateur de la race s’appelait Prisme. Il a lui seul produit plus de 58 étalons — un chiffre impressionnant qui illustre l’influence génétique majeure d’un seul reproducteur. Avant même l’émergence de la race en France, le comte Orlov pratiquait des croisements similaires en Russie, donnant naissance à la race Orlov-Rostopchin. L’Angleterre, quant à elle, expérimentait ces croisements dans l’optique d’obtenir de meilleurs chevaux de course.
Un stud-book aux classifications précises
Le registre français distingue plusieurs profils selon le pourcentage de sang arabe :
- Les Anglo-Arabes (AA) : minimum 25 % de sang arabe
- Les Anglo-Arabes de complément (AC) : entre 12,5 % et 25 %
- Les Anglo-Arabes de croisement (AACR)
- Les Demi-sang Anglo-Arabes (DSAA)
Depuis 2012, l’élevage a été internationalisé pour permettre le classement par la World Breeding Federation for Sport Horses (WBFSH). La race est officiellement présente dans neuf pays, dont la France, l’Espagne, l’Italie, le Maroc et le Portugal. Quatre autres pays sont signataires de la convention internationale : l’Allemagne, la Belgique, la Suède et la Tunisie. En France, on compte aujourd’hui 600 naissances enregistrées par an, avec 1 500 juments saillies et 100 étalons en activité.
Un cheval avant tout sélectionné pour le sport
Originellement conçu pour des usages militaires, puis orienté vers la course, l’anglo-arabe a ensuite trouvé sa vraie vocation dans le sport équestre. Il a contribué à forger des races aussi célèbres que le Selle Français, le KWPN ou l’Oldenbourg. Les étalons Matcho, Inschallah et Ramzes figurent parmi les piliers de nombreuses lignées allemandes et néerlandaises.
Morphologie, tempérament et disciplines de l’anglo-arabe
La morphologie de l’anglo-arabe est directement liée au pourcentage de sang arabe qu’il porte. Il occupe une position intermédiaire entre ses deux races parentales. Sa hauteur au garrot oscille entre 1,58 m et 1,65 m, même si des sujets de 1,66 m et plus ne sont plus rares aujourd’hui. Son poids varie entre 450 kg et 550 kg, soit une taille moyenne de 15,2 à 16,3 mains.
La tête est fine, au profil rectiligne, avec des oreilles mobiles très expressives. L’encolure est longue et musclée, le dos court et puissant, la croupe bien proportionnée. Les membres sont longs, secs et robustes. Le galop est distingué, avec une amplitude athlétique qui fait l’admiration des juges en compétition. J’ai pu observer, au fil de mes années d’élevage, que même les sujets les plus « sang arabe » gardent cette élégance naturelle du côté du Pur-sang.
| Caractéristique | Valeur |
|---|---|
| Hauteur au garrot | 1,58 m à 1,65 m (et plus) |
| Poids | 450 à 550 kg |
| Espérance de vie | 15 à 25 ans |
| Prix d’achat | 1 000 € à 25 000 € |
| Sang arabe requis | 25 % à 75 % |
Un caractère à ne pas sous-estimer
Le tempérament de l’anglo-arabe est l’une de ses caractéristiques les plus marquantes. Nerveux, volontaire, intelligent — et parfois susceptible. Je me souviens d’un alezan que nous avons accueilli en pension : vif comme l’éclair, mais d’une loyauté absolue avec son cavalier habituel. Ce type de cheval n’est pas toujours adapté aux débutants. Si tu cherches une monture pour tes premiers pas en selle, je te conseille de consulter notre guide sur la meilleure race de cheval pour débuter avant de te lancer.
Des palmarès qui parlent d’eux-mêmes
L’anglo-arabe a brillé sur les plus grandes scènes équestres. Ali Baba remporte le championnat olympique de CSO en 1952 avec Pierre Jonquères d’Oriola. En 1988, lors des Jeux Olympiques de Séoul, Flambeau C décroche la médaille de bronze en équipe avec Frédéric Cottier. Twist la Beige, monté par Jean-Lou Bigot, décroche quant à lui le titre de champion d’Europe de intégral. Ces performances ne sont pas le fruit du hasard — elles témoignent d’aptitudes sportives exceptionnelles, transmises de génération en génération.
Santé et entretien au quotidien
L’anglo-arabe jouit globalement d’une bonne santé, grâce à l’héritage génétique de l’Arabe. Mais le sang Pur-sang peut fragiliser certains sujets, spécialement au niveau des sabots ou du système digestif. Les coliques, les ulcères gastriques et les problèmes articulaires sont les troubles les plus fréquemment rapportés chez les chevaux de sport, selon les données disponibles sur les chevaux de concours complet.
Du côté de l’alimentation, la base reste le fourrage. Un anglo-arabe de 450 kg devrait consommer environ 9 kg de foin en matière sèche par jour, soit 2 % de son poids corporel. Une note d’état de chair de 5 sur l’échelle de Henneke à 9 points est considérée comme idéale. Il faut aussi veiller à lui fournir au moins 2 cuillères à soupe de sel par jour pour couvrir ses besoins de base en sodium.
Ce cheval se porte mieux avec un programme d’exercice régulier et des sorties quotidiennes, surtout s’il est gardé en box. L’entretien classique s’applique : vétérinaire, ostéopathe et maréchal-ferrant à intervalles réguliers.
Vers un élevage plus structuré à l’international
Si tu t’intéresses aux races à fort potentiel sportif et aux disciplines haut de gamme, sache que l’anglo-arabe entre parfois en dialogue avec les races ibériques dans certains programmes de croisement. L’Espagne mène notamment des expériences entre anglo-arabes et chevaux ibériques pour obtenir des montures de tauromachie. Pour visiter cet univers, tu peux lire notre article sur le cheval ibérique et le dressage de haute école. D’après l’évaluation de la FAO réalisée en 2007, la race n’est pas menacée d’extinction — une bonne nouvelle pour tous les passionnés que nous sommes.
Sources : wiki centre equestre — l’équitation simplifiée