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Qu’est-ce que le pas en équitation : définition et bases

Maxime

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L’article en bref

Le pas est l’allure fondamentale du cheval, souvent sous-estimée par les cavaliers.

  • Allure à quatre temps sans suspension, où au moins deux membres restent toujours au contact du sol
  • Révèle les imperfections du dressage mieux que le trot ou le galop, servant d’outil diagnostic
  • Développe la souplesse musculaire et favorise la récupération après l’effort
  • La méthode de Lubersac prouve qu’un dressage exclusif au pas crée une base solide et inébranlable
  • La qualité du pas dépend directement de la position du cavalier : assiette stable, mains douces, sans freiner

Un cheval qui marche à 4 à 7 kilomètres par heure, balançant légèrement l’encolure, les quatre membres se posant l’un après l’autre sur le sol… Cette image, je la vis des dizaines de fois par jour ici au centre. Et pourtant, combien de cavaliers passent à côté de sa richesse ? Le pas mérite bien plus qu’un simple échauffement bâclé.

Qu’est-ce que le pas en équitation : une allure à quatre temps

Le pas en équitation est l’allure naturelle la plus lente du cheval. C’est une allure marchée, à quatre temps, sans suspension — ce qui signifie qu’à aucun moment le cheval ne se retrouve en l’air. En permanence, au moins deux membres restent au contact du sol.

La séquence des battues

L’ordre d’engagement des membres suit une logique précise : postérieur gauche, antérieur gauche, postérieur droit, antérieur droit. Ces quatre battues doivent être régulières et bien égales. Quand l’une s’écarte du rythme, c’est souvent le signe d’une tension ou d’un problème à creuser.

Je me souviens d’un jeune Lusitanien que j’ai accueilli en débourrage ici. Son pas semblait correct à première vue, mais à la longe, on entendait clairement deux temps regroupés. Une irrégularité typique qui, si elle n’avait pas été corrigée tôt, aurait glissé vers l’amble.

Type de pas Caractéristique principale Usage
Pas libre Encolure abaissée, cheval détendu Récupération, repos
Pas moyen Régularité et amplitude équilibrées Travail courant
Pas allongé Foulées plus amples, postérieurs dépassant les antérieurs Dressage, progression
Pas rassemblé Abaissement des hanches, engagement prononcé Haute école
Pas d’école Pas relevé, rond, presque un passage marché Sommet du dressage classique

Ce que révèlent les traces au sol

Selon la qualité du cheval, les postérieurs dépassent, recouvrent ou restent derrière les empreintes des antérieurs homolatéraux. On dit que le cheval se méjuge quand il dépasse, se juge quand il recouvre, et se déjuge quand il reste en retrait — ce dernier cas étant considéré comme un défaut.

La tête oscille légèrement de haut en bas : ce mouvement naturel aide le cheval à maintenir son équilibre. C’est d’ailleurs une erreur fréquente de chercher à le figer avec la main.

La vitesse, un repère concret

Le pas se déplace à environ deux mètres par seconde, soit entre 4 et 7 km/h selon le cheval. Un chiffre qui paraît anodin mais qui aide bien lors du travail en extérieur : sur un sentier de 14 km, une heure trente de marche au pas suffit. Pratique pour calibrer ses sorties !

L’importance du pas dans la formation du cheval

Ici au centre, j’insiste toujours auprès de mes élèves : le pas n’est pas du temps perdu. C’est l’allure qui révèle tout. Les imperfections du dressage s’y font le plus sentir, bien davantage qu’au trot ou au galop.

Un outil de récupération et de développement musculaire

Après un effort intense, revenir au pas progressivement favorise l’élimination des toxines musculaires et maintient une bonne circulation sanguine. Un cheval qui marche avec engagement récupère plus vite qu’un cheval arrêté net — c’est une réalité que tout propriétaire devrait garder en tête.

Le pas développe aussi la souplesse latérale et longitudinale. Les épaules en dedans, les cessions à la jambe, les cercles : tout se travaille d’abord au pas avant d’être reproduit aux allures supérieures. La qualité du pas détermine directement celle du trot ou du galop qui suit.

La méthode de Lubersac, une leçon intemporelle

Lubersac (1713-1767), écuyer à la Vaste Ecurie de Versailles et directeur de l’École des Chevau-Légers de la Garde, dressait ses chevaux uniquement au pas. Après plusieurs années de travail exclusivement dans cette allure, ses chevaux étaient parfaitement assouplis et prêts pour toutes les difficultés. Il décelait au pas chaque résistance et y remédiait. Une approche radicale, mais redoutablement efficace.

Pour progresser en niveaux de galop en équitation, cette base solide au pas est indispensable. Sans elle, aucun niveau supérieur ne tient vraiment.

L’amble, le défaut à surveiller

Quand le cheval latéralise son pas, il tend vers l’amble : antérieur et postérieur du même côté se posent presque simultanément. C’est une grave dégradation en compétition de dressage. Pour y remédier, varier les figures (voltes, cercles, demi-voltes), travailler sur deux pistes et rechercher un rassembler progressif s’avèrent les approches les plus efficaces.

Comment améliorer et évaluer le pas de son cheval

Évaluer un pas, c’est observer plusieurs critères à la fois : régularité, amplitude, engagement, décontraction, symétrie. Cela se fait à main ou monté, sur sol plat, droit et non glissant.

Les défauts fréquents et leurs corrections

Un pas traînant, précipité ou irrégulier peut signaler une douleur, une fatigue ou un matériel inconfortable. Voici les défauts les plus courants à surveiller :

  • Le pas latéralisé (tendance à l’amble) : travailler le rassembler, varier les figures
  • Le pas trop précipité : rechercher la décontraction avant tout effort
  • Le pas traînant : activer l’arrière-main, travailler les transitions montantes
  • Le pas irrégulier : vérifier l’état physique du cheval, consulter un vétérinaire si besoin

Le rôle du cavalier dans la qualité du pas

La méthode de Raabe pour l’arrêt au pas illustre bien ce principe — il s’agit de s’arrêter par l’assiette, les jambes et la mise au contact des éperons, sans action principale de la main. L’éperon provoque l’engagement des postérieurs et le rassembler ; la main confirme simplement.

Plus globalement, la qualité du pas dépend directement de la position du cavalier. Un dos relâché, une ceinture qui accompagne sans agiter, des mains douces qui canalisent sans freiner : voilà ce qui permet au cheval de marcher vraiment franc.

Intégrer le pas dans chaque séance

Commencer par un bon travail au pas de qualité, laisser le cheval se détendre, l’observer sur le plat et en terrain varié : c’est la base d’une séance équilibrée. Les promenades extérieures à côté d’un cheval au pas ample sont d’excellents exercices pour améliorer l’amplitude naturelle, surtout chez une jument un peu retenue.

Chaque cheval a sa propre musique intérieure au pas. À toi de l’écouter, de la respecter, et de la faire s’épanouir séance après séance.

Sources :
wiki centre equestre
l’équitation simplifiée

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